Diagnostic et traitement

Chaque femme réagit différemment à l'endométriose. Les signes et symptômes varient grandement d'une personne à l'autre, et peuvent même être liés à d'autres troubles. C'est pourquoi votre cheminement — de l'apparition des symptômes au diagnostic et au traitement — vous sera propre, et présentera parfois des défis.

 

La présente section offre des renseignements sur les sujets suivants :
La première étape -
Demander de l’aide

Modification du mode de vie - Des solutions simples pouvant aider
à soulager votre douleur

Hormonothérapie - Traitements pharmaceutiques visant l’endométriose

Soulagement de la douleur - Lorsque le traitement médical ne suffit pas…

Chirurgie - Lorsqu’un traitement médical n’est pas suffisant…

Traitements de rechange -Traitements complémentaires à envisager



Le diagnostic et les options qui vous conviennent en matière de traitement reposent sur un certain nombre de facteurs :

  • Votre âge
  • Vos symptômes et la façon dont ils affectent votre qualité de vie
  • Votre désir d’avoir des enfants ou non
  • L’emplacement de l’endométriose et son étendue

Même s'il n'existe aucun remède contre l'endométriose, un certain nombre d'options vous permettant d'améliorer votre qualité de vie s'offrent à vous. Ces traitements mettent l'accent sur la réduction des symptômes douloureux de cette maladie, tout en améliorant vos chances de devenir enceinte. Les traitements peuvent réduire l'étendue de l'endométriose ou en ralentir la croissance, de manière à préserver ou à rétablir la fertilité, et à prévenir ou à retarder le retour de la maladie.

Le traitement qui vous convient peut comporter différentes facettes (modification du mode de vie, médicaments, chirurgie, approches différentes), selon ce que vous et votre professionnel de la santé jugerez être dans votre meilleur intérêt.

 


 

Tout plan de traitement doit être mis en œuvre pendant au moins trois mois. Votre professionnel de la santé peut recommander des solutions à court terme en matière de prise en charge de la douleur, jusqu’à ce que le traitement fasse effet. Si vos symptômes persistent après cette période, consultez votre professionnel de la santé pour discuter d'autres options.

La première étape

Pour amorcer le processus de diagnostic et de traitement, votre professionnel de la santé pratiquera un examen médical minutieux, qui comprendra la cueillette de renseignements au sujet de vos symptômes et de vos antécédents gynécologiques. Discutez avec votre professionnel de la santé (disponible en anglais seulement).

Il se peut qu'on vous pose des questions sur les sujets suivants :

  • La douleur et les symptômes que vous ressentez
  • Votre santé génésique (âge auquel vous avez eu vos premières règles, fréquence et régularité de votre cycle menstruel, antécédents de grossesse)
  • Les médicaments que vous prenez présentement ou que vous avez pris auparavant
  • Vos antécédents familiaux en matière d’endométriose ou de cancers gynécologiques
  • Vos antécédents médicaux
  • Votre état de santé général

Il est aussi nécessaire de pratiquer un examen physique pour pouvoir poser un diagnostic et déterminer le traitement approprié. Votre professionnel de la santé pratiquera un examen pelvien; il est aussi possible qu’il pratique un examen rectal et vaginal. Cela lui permet de voir s’il y a des signes d’endométriose ou d’autres troubles pouvant être à l’origine de vos symptômes. Il est possible que votre médecin pratique cet examen pendant vos règles, les données scientifiques donnant à penser qu’il est plus probable de constater la présence de l’endométriose pendant cette période.

Votre professionnel de la santé pourrait aussi pratiquer une échographie, en vue de dépister la présence de kystes ovariens ou d’autres troubles pelviens pouvant être à l’origine de vos symptômes. Si l’on soupçonne que l’endométriose est très étendue, il peut être nécessaire de pratiquer d’autres tests par imagerie non effractifs comme une colonoscopie, une cystoscopie, une échographie rectale ou une IRM.

Dans bien des cas, votre professionnel de la santé recommandera un traitement approprié en fonction des renseignements recueillis à partir de vos antécédents médicaux (questions ci-dessus), des examens physiques et des tests par imagerie. Chez certaines femmes, d’autres épreuves diagnostiques (comme une laparoscopie) peuvent être nécessaires. Cependant, la laparoscopie est une intervention chirurgicale; comme toute autre intervention de ce genre, elle comporte des risques. Elle n’est donc pas recommandée pour toutes les femmes. Votre professionnel de la santé recommandera généralement de d’abord essayer d’autres options de traitement moins effractives.

 

Modification du mode de vie

Si un diagnostic d’endométriose est établi, votre professionnel de la santé discutera avec vous de modifications à apporter à votre mode de vie. Le fait de modifier votre routine en matière d’exercice et de détente, et de manger de façon saine et équilibrée, peut aider à soulager les symptômes de l’endométriose.

 

Hormonothérapie

L’hormonothérapie peut être utilisée pour traiter l’endométriose. Elle peut prendre la forme de contraceptifs hormonaux combinés, de médicaments à base de progestérone ou d’agonistes de la GnRH (gonadolibérine), et s’accompagner d’un traitement de « compensation » (faibles doses d’œstrogènes et de progestatif).

Contraceptifs hormonaux combinés
Les contraceptifs hormonaux combinés (p. ex. pilule, timbre ou anneau) représentent l’un des traitements les plus utilisés pour traiter l’endométriose. Ce traitement atténue la douleur liée à l’endométriose en stoppant les règles et en inhibant la progression de l’endométriose.

Il est possible que votre professionnel de la santé prescrive un contraceptif hormonal combiné sans l’interruption habituelle de sept jours chaque mois. Cette façon de faire empêche les menstruations, ce qui peut être utile chez les femmes dont les symptômes d’endométriose sont à leur plus intense pendant les règles.

Après avoir été soumise à un traitement aux contraceptifs hormonaux combinés pendant au moins trois mois, vous devriez effectuer un suivi auprès de votre professionnel de la santé, afin de discuter de l’effet du traitement et de déterminer si vos symptômes se dissipent ou non.

Traitement à l'aide d'un progestatif
Le traitement à l’aide d’un progestatif (p. ex. injection) est utilisé de façon répandue comme méthode contraceptive; on l’a aussi étudié en vue du soulagement de la douleur liée à l’endométriose. Il peut être administré sous forme de comprimé ou d’injection. Ce type de traitement aide à réduire les effets des œstrogènes, qui stimulent la croissance de l’endométriose dans votre corps.

L’un des inconvénients de l’injection est qu’il peut y avoir un délai entre la fin du traitement et la reprise de l’ovulation. C’est pourquoi cette option n’est pas efficace si vous envisagez de concevoir dans un avenir rapproché. Ce traitement peut être intéressant pour les femmes qui continuent d’être aux prises avec une endométriose à la suite d’une hystérectomie, puisque la conception future et les saignements utérins irréguliers ne figurent alors plus parmi les préoccupations. De même, tous les traitements aux progestatifs peuvent être associés à une métrorragie. La métrorragie peut être particulièrement prolongée et abondante, et demeurer problématique jusqu'à ce que l'effet de l'injection se soit estompé.

 

Progestatifs communément utilisés dans le cadre du traitement

  • Acétate de noréthindrone (traitement oral disponible au Canada)
  • Dienogest (traitement oral disponible au Canada)
  • AMPR (médicament administré par injection disponible au Canada)

 

Système intra-utérin (SIU)
Si la contraception hormonale combinée ou le traitement à l'aide d'un progestatif n'arrive pas à enrayer vos symptômes, votre professionnel de la santé pourrait alors recommander l'utilisation d'un système intra-utérin (SIU). Il s'agit d'une méthode contraceptive courante, qui consiste en l'insertion, dans l'utérus, d'un dispositif en T. Ce dispositif libère un progestatif appelé lévonorgestrel, lequel contrecarre les effets des œstrogènes de la même manière que les autres traitements ayant recours à un progestatif. Le SIU administre continuellement le traitement pendant cinq ans, ou jusqu'à ce qu'il soit retiré par un professionnel de la santé. Ce traitement peut être efficace pour alléger la douleur attribuable à l'endométriose.

Danazol
Par le passé, le danazol a été l'un des médicaments les plus utilisés pour le traitement de l'endométriose. Il s'agit d'une hormone administrée par voie orale qui interrompt le flux menstruel. Bien qu'il soit souvent efficace pour soulager la douleur attribuable à l'endométriose, le danazol peut être associé à bon nombre d'effets secondaires, dont un gain de poids, l'acné, une pilosité excessive, une hausse du taux de cholestérol, une atrophie mammaire et, dans de rares cas, la virilisation. C'est pourquoi le danazol est rarement utilisé pour le traitement à long terme de l'endométriose.

Agonistes de la GnRH avec traitement de « compensation »
Si la contraception hormonale combinée ou un traitement à l’aide d’un progestatif ne vous convient pas, votre professionnel de la santé recommandera peut-être le recours à un agoniste de la GnRH (gonadolibérine). Cette hormone, administrée par injection ou par pulvérisateur nasal, interrompra vos règles.


Les effets secondaires de ce type de médicament ont tendance à ressembler aux symptômes pouvant être ressentis pendant la ménopause : perte de densité minérale osseuse, bouffées de chaleur, sautes d'humeur, sécheresse vaginale, diminution du volume des seins et céphalées. Ces symptômes peuvent être soulagés à l'aide d'un traitement de compensation, qui est administré systématiquement lorsqu'un agoniste de la GnRH est prescrit.

 

Traitement de compensation
Si vous prenez un agoniste de la GnRH, votre professionnel de la santé pourrait aussi prescrire une faible dose d'œstrogènes et de progestatif (traitement de compensation) afin de vous aider à mieux supporter les effets secondaires apparentés à la ménopause, tout en continuant de soulager la douleur.

L'efficacité des traitements médicaux peut prendre un certain temps à se faire sentir. Par exemple, certaines femmes peuvent connaître une « poussée » de douleur lorsqu'elles commencent à prendre un agoniste de la GnRH. Cela signifie que vous pourriez continuer de ressentir des douleurs liées à l'endométriose dans le cadre de votre prochain cycle menstruel. Votre professionnel de la santé peut recommander l'utilisation temporaire d'un analgésique jusqu'à ce que le traitement à long terme commence à faire effet.

Soulagement de la douleur

Les thérapies utilisées pour le traitement de l’endométriose peuvent prendre au moins un cycle menstruel avant de commencer à faire effet. Votre professionnel de la santé pourrait donc recommander l’utilisation d’un analgésique jusqu’à ce que le traitement à long terme commence à faire effet.

Les anti-inflammatoires (AINS) en vente libre sont souvent efficaces pour soulager la douleur attribuable à l’endométriose. Ces médicaments sont peu coûteux et n’entraînent aucune dépendance.

Cependant, chez certaines patientes, l'utilisation à long terme d'AINS peut entraîner, entre autres, des ulcères et des saignements d’estomac. Informez votre médecin de tout médicament en vente libre que vous prenez.

 

Chirurgie

La chirurgie peut être recommandée :

  • Si vous ressentez des douleurs pelviennes que les médicaments généralement utilisés pour le traitement de l’endométriose n’arrivent pas à enrayer, ou si vous ne pouvez pas prendre ces médicaments
  • Si votre endométriose doit être excisée en raison de l’effet néfaste qu’elle a sur vos organes internes
  • Si votre endométriose est très étendue (touche les intestins, la vessie, les uretères
    ou les nerfs pelviens)
  • Si vous avez un endométriome ovarien ou si l’on en soupçonne la présence
  • Si le diagnostic est trop incertain pour mettre un traitement en œuvre
  • Si vous êtes infertile

Deux types de chirurgie peuvent être efficaces pour le traitement de l’endométriose : la chirurgie conservatrice et la chirurgie définitive (généralement, retrait des ovaires).

Chirurgie conservatrice
La laparoscopie est la chirurgie conservatrice la plus couramment utilisée pour le traitement de l’endométriose. L’objectif de la laparoscopie est de restaurer l’anatomie normale et de soulager la douleur. Il s’agit souvent d’une bonne option pour les femmes en âge de procréer qui souhaitent concevoir éventuellement, ou pour celles qui ne souhaitent pas subir une chirurgie définitive. La laparoscopie peut être utilisée pour exciser une excroissance ou une lésion endométriotique, et pour bloquer les voies nerveuses qui transmettent les signaux de douleur. L’excision d’une excroissance ou d’une lésion endométriotique peut aider la conception si vous avez de la difficulté à devenir enceinte.

On peut aussi utiliser la laparotomie pour arriver au même résultat. Toutefois, la laparoscopie permet aux professionnels de la santé de mieux voir la croissance endométriotique, et aux patientes de se rétablir plus rapidement.

Après la chirurgie, votre professionnel de la santé pourrait vous recommander de prendre un contraceptif hormonal combiné en vue de réduire le risque de récurrence de l’endométriose, et de faciliter la prise en charge des symptômes de l’endométriose.

Il est important de savoir que la chirurgie n’améliore pas le sort de toutes les femmes, et que l’endométriose peut éventuellement réapparaître chez certaines d’entre elles.

Chirurgie définitive

La chirurgie définitive nécessite le retrait des ovaires (ce qui déclenche la ménopause). Elle peut aussi comprendre le retrait de l’utérus et des trompes de Fallope. De même, toutes les excroissances endométriotiques visibles sont généralement excisées dans le cadre d’une chirurgie de ce genre. Si la douleur et les symptômes ressentis sont considérables malgré la mise en œuvre d’autres types de traitement, et que vous ne souhaitez pas devenir enceinte ultérieurement, cette méthode peut vous convenir.

Ce type de chirurgie offre un soulagement définitif de la douleur liée à l’endométriose dans plus de 90 % des cas. Dans les cas où la chirurgie définitive représente le traitement final des symptômes, on recommande généralement que les deux ovaires et tous les endométriomes visibles soient excisés. En effet, il est possible que les symptômes réapparaissent si l’un des ovaires ou les deux sont laissés en place, ce qui nécessiterait une autre intervention chirurgicale.

Bon nombre de chirurgies définitives peuvent s’effectuer par laparoscopie, ce qui favorise un rétablissement plus rapide et entraîne moins de douleur que la laparotomie.

 

Traitements de rechange

Bon nombre des femmes atteintes d’endométriose ont indiqué que des traitements nutritionnels et complémentaires comme l’acupuncture, la médecine chinoise traditionnelle, les traitements à base de plantes et l’homéopathie aident à soulager la douleur. Aucun essai comparatif randomisé n’appuie ces traitements en ce qui a trait à l’endométriose; cela ne signifie pas pour autant que vous devriez les ignorer si vous croyez qu’ils pourraient vous aider à soulager la douleur que vous ressentez et à améliorer votre qualité de vie. Ces types de traitement peuvent être utiles s’ils sont utilisés de concert avec d’autres traitements. Consultez votre professionnel de la santé avant d’envisager le recours à des traitements de rechange.

 

Analgésiques?

Si vous prenez un AINS comme ibuprofène ou naproxène, mais ressentez toujours de la douleur, continuez de les prendre. La chose la plus importante à retenir est que, contrairement aux autres analgésiques, les AINS n’enrayent pas les douleurs existantes. Ils bloquent plutôt la production de prostaglandines, qui sont à l’origine de la douleur. Vous devez donc prendre le médicament avant que les prostaglandines ne soient libérées (avant le moment où vous croyez que la douleur va commencer à se faire sentir), et continuer de le prendre toutes les six heures (jour et nuit) pour vous assurer qu’il est efficace.

Retrait d'excroissances endométriotiques

Plusieurs techniques peuvent être utilisées pendant la chirurgie pour éliminer les excroissances et les lésions endométriotiques. La méthode retenue par votre professionnel de la santé dépendra de l’étendue et de l’emplacement de l’endométriose. L’ablation est le retrait de tissus par l’entremise d’un processus d’érosion (p. ex. raclage ou fulguration). L’excision est le retrait de tissus par incision. Les deux méthodes peuvent être efficaces pour le traitement de l’endométriose, mais on préfère l’excision en présence d’une maladie très invasive ou d’une endométriose touchant d’autres organes.

Des données semblent indiquer qu’en présence d'endométriomes ovariens , l’excision est la méthode la plus efficace à utiliser pour soulager les symptômes. Toutefois, il peut arriver que du tissu ovarien normal soit excisé en même temps que les endométriomes ovariens. Cela peut être problématique si vous souhaitez devenir enceinte. Si c’est le cas, votre professionnel de la santé discutera avec vous de la meilleure approche à adopter pour éliminer les endométriomes ovariens, en tenant compte de vos objectifs futurs sur le plan de la fertilité.